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février 2002

Evaluation des équipes d’écoles. Arrêt sur image - Geoffroy CHEVALIER

Ecole Haut-Alpine n°494 - février 2002

Depuis que l’expérimentation sur l’évaluation des équipes d’école a débuté dans les Hautes-Alpes, le SNUipp n’a eu de cesse de promouvoir cette "révolution". Car c’est bien d’une révolution qu’il s’agit ; à chaque fois que nous avons présenté ce processus dans les sections du SNUipp d’autres départements, “les bras de nos interlocuteurs en sont souvent tombés”. Beaucoup n’ont pas saisi le sens de ce que nous faisions parce que c’était tellement gros et tellement loin de l’état d’esprit de nombre d’enseignants, d’Inspecteurs d’Académie, d’Inspecteurs de l’Education Nationale, de militants syndicaux... qu’au mieux, l’expérimentation était perçue comme une inspection d’équipe où l’Inspecteur venait inspecter tous les collègues d’une école le même jour. Nous avons eu beaucoup de mal au début à transmettre les fondements de ce processus, tout comme il fallut du temps pour que la majorité des collègues du département entre dans son esprit. Parce qu’enfin, c’est bien plus que l’abandon d’une note montant au fil d’un barème. C’est bien plus qu’une visite d’école, qu’une rencontre entre une équipe de circonscription et une équipe pédagogique. C’est une nouvelle vision de notre métier, de nos élèves, de nos collègues et de nous-mêmes. On pourrait expliquer l’ensemble de l’expérimentation en quelques dizaines de minutes, comme nous l’avons souvent fait auprès des collègues lors de demi-journées d’information syndicale ou auprès de collègues militants mais cela ne suffirait pas car l’ancien système est si bien ancré en nous (y compris chez les débuts de carrière) que pour approcher ce nouveau processus, pour le comprendre, pour l’apprivoiser, il faut le vivre... Bien sûr, le temps joue en sa faveur, car il faut du temps pour appréhender de nouvelles idées. Nous avons mis près d’un an pour faire prendre conscience à bon nombre de départements qu’il était urgent de repenser l’inspection, d’aller de l’avant afin de commencer à changer le métier et nos pratiques. Aujourd’hui, nous avons une dizaine de contacts à travers la France de gens qui suivent de près ce que nous faisons. Non pas que notre expérimentation soit transposable telle qu’elle dans tous les départements, d’abord parce que notre département n’est pas le plus représentatif de par sa géographie et sa population, mais elle ouvre la voie à une réflexion d’ensemble sur l’évaluation des enseignants. Le ministère lui-même, dans une récente publication, dénonçait l’archaïsme de l’inspection d’abord parce qu’elle ne permet pas d’évaluer et de faire évoluer les pratiques dans les classes et ensuite parce que cela coûte cher d’inspecter. Au mieux, permet-elle de départager les promouvables, encore que... C’est un système très peu rentable. Le SNUipp, au niveau national, met lui aussi beaucoup de temps à réagir, pourtant, cela fait bien longtemps, que dans ses mandats de congrès on parle de la nécessaire refonte de l’inspection, de son inadaptabilité aux changements de la société. Mais au bout du compte, sous la pression montante des départements de voir en débat national ce sujet, le SNUipp propose un conseil national technique très prochainement... Au niveau local, la FSU propose à ses adhérents de participer à un stage sur l’évaluation des personnels de l’Education Nationale. Une chose est certaine, les Hautes-Alpes ont jeté un pavé dans la mare et on ne sait pas encore jusqu’où ira l’onde de choc induite mais ce qui est aussi certain, c’est que l’on nous observe et que nous portons sur nos épaules une partie de l’avenir de notre profession. Les plus gros porteurs sont les enseignants eux-mêmes suivis de près des différents corps d’inspection. Depuis le commencement, le SNUipp s’est investi pleinement dans cette démarche en participant à tous les groupes de travail, en recueillant les témoignages de la profession, en les diffusant dans sa presse, en informant les collègues dans les demi-journées d’information syndicale, en faisant remonter toutes les observations des collègues dans les instances de régulation des CAPD et en réfléchissant activement à toutes les étapes passées et à venir de ce processus dans ces propres instances. Le SNUipp réaffirme son engagement dans ce nouveau système même si le message n’a pas toujours été bien compris. II va de soi, que l’on pérennisera l’expérimentation que si son évaluation est positive. Aujourd’hui, la très grande majorité des collègues qui ont participé aux visites d’école et aux stages de besoin sont très satisfaits et ne reviendraient en arrière pour rien au monde. Cependant, nous sommes maintenant sur un palier. En effet, le nombre d’écoles volontaires étant quasiment épuisé, il revient maintenant aux IEN de choisir les futures écoles participantes, ce qui n’est pas toujours une chose aisée. En fait, ce processus n’est viable que parce qu’il s’appuie sur la confiance réciproque des équipes et il est bien clair que si l’on ne peut plus parler de volontariat, il est souhaitable qu’un maximum d’école se lance dans l’aventure de leur plein grès. Il est préférable que ce soit les écoles qui fassent le premier pas ; l’avenir de l’expérimentation en dépend.

Geoffroy CHEVALIER

 

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