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3 novembre 2001

Historique de l’inspection - Enseignants.com

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L’évaluation des enseignants 03/10/2001 - Historique de l’inspection

Un système ancien, centralisé et qui confond notation et évaluation. Comment les enseignants sont-ils évalués ? L’inspection des enseignants peut-elle avoir un impact sur leur carrière ? Les mauvais profs sont-ils sanctionnés ? Evalue-t-on pour contrôler ou pour former ? ... Dans notre société en mouvement, l’évaluation se limite-t-elle à porter un regard extérieur et hiérarchique sur les enseignants ou peut-elle contribuer à une amélioration qualitative de l’enseignement et du système éducatif dans son ensemble ? Depuis la création du premier corps d’inspection des enseignants sous Napoléon Ier , deux nouveaux corps d’inspection ont vu le jour, les missions des inspecteurs se sont précisées mais aussi multipliées. L’évaluation des enseignants, à l’origine mission première des inspecteurs, pâtit aujourd’hui de l’élargissement du champ d’action des inspecteurs, victimes de manque de temps et de moyens. Entre contrôle et formation, inspection et évaluation, l’Education nationale est à la recherche d’un modèle ne se limitant plus au seul jugement des qualités professionnelles de l’enseignant ; un dispositif qui permettrait une appréciation plus collective des équipes d’enseignants, qui tiendrait compte des divers facteurs sociaux, économiques ou autres influençant l’apprentissage, qui serait, enfin, un support à la formation continue des enseignants. Ceci devrait finalement permettre d’améliorer les conditions de travail et l’efficacité de l’école. À la différence de la France, chez nos voisins européens, " les inspecteurs ", quand ils existent, sont rarement les piliers du système d’évaluation, ce qui ne les empêche pas d’évaluer leurs écoles et leurs politiques d’éducation. Tous les schémas coexistent, des modes d’évaluation centralisés, à la sélection des établissements et des enseignants par la libre concurrence. Les différents corps d’inspection sont au centre de l’évaluation du système éducatif français. Cependant, d’autres acteurs de l’éducation participent à l’appréciation portée sur les enseignants et contribuent à favoriser leur réflexion sur leur métier pour améliorer leur pratique.

Aux origines était Napoléon 1er, le chantre de la centralisation, à l’heure de la déconcentration quels sont les changements notoires ? 03/10/2001

Les origines de l’inspection des enseignants

Créée en 1802 sous l’impulsion de Napoléon 1er, l’Inspection Générale de l’Education Nationale (IGEN) comptait à l’origine trois inspecteurs généraux dont la mission consistait à rendre compte du fonctionnement des écoles et lycées au gouvernement : " Ils parcourront les lycées, les visiteront avec beaucoup de soin et éclaireront le gouvernement dont ils seront en quelque sorte l’œil ouvert sur les écoles, sur leur état, sur leurs succès ou leurs défauts ". Au cours de deux siècles d’histoire, les missions de l’IGEN ont évolué, tout comme celles des inspecteurs généraux. Depuis 1989, l’IGEN, clef de voûte de l’Education nationale, n’est plus chargée uniquement de la notation individuelle des professeurs mais elle assure un suivi permanent du fonctionnement du système éducatif en visitant chaque année un échantillon représentatif d’établissements et de services. L’inspection individuelle est assurée depuis cette date par les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR) et les inspecteurs de l’Education nationale (IEN). L’IGEN peut néanmoins intervenir directement dans l’inspection des enseignants, à la demande du ministre, sur les cas difficiles.

Comment fonctionne le système d’évaluation des enseignants aujourd’hui ?

Avec une mission commune - l’animation et l’inspection pédagogique -, les corps d’inspecteurs correspondent aux différents degrés du système éducatif français.
- Les inspecteurs de l’Education nationale (IEN), encadrés par l’inspecteur d’Académie, ont la responsabilité de l’inspection des établissements du premier degré (écoles maternelles et primaires) et de leurs enseignants sur une circonscription d’académie ; ils donnent aussi leur avis sur la nomination et l’avancement de ceux-ci. Ils peuvent intervenir de manière exceptionnelle dans les collèges.
- Les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR), sous l’autorité du recteur ou de l’inspecteur d’Académie, sont chargés de la notation pédagogique et de l’évaluation des enseignants du second degré. Certains IPR peuvent assurer l’inspection des enseignants du premier degré. Dans le secondaire, l’évaluation des enseignants est complétée par une note " administrative ", attribuée par les chefs d’établissement.

À l’heure de la décentralisation, quelles missions pour les inspecteurs ?

Depuis 1962, sous l’effet des mesures de déconcentration, les autorités académiques (recteurs ou inspecteurs d’Académie) ont la responsabilité de l’inspection des établissements et des enseignants. En liaison avec l’IGEN, ils coordonnent l’action des différents corps d’inspection. Parallèlement, les lois de décentralisation de 1982 et 1983 ont accru le rôle des collectivités territoriales en leur confiant notamment la responsabilité du fonctionnement des établissements : lycées pour les régions, collèges pour les départements, écoles primaires pour les communes. Ce double mouvement de décentralisation et déconcentration a contribué à élargir le champ d’intervention des corps d’inspection avec pour corrélât, une augmentation des tâches liées à la gestion administrative. Le dernier rapport officiel de mars 2000 sur le rôle des inspecteurs territoriaux conclue sur la nécessité de leur accorder plus de moyens afin de leur permettre de se recentrer sur leur mission première d’animation et d’inspection pédagogique.

Les inspecteurs, aujourd’hui submergés de tâches multiples, entre l’organisation des concours, examens, jurys, l’intégration des jeunes enseignants, la création de sections dans les établissements... ont peu de temps à accorder à l’évaluation qualitative du travail des enseignants individuellement, encore moins des équipes pédagogiques par établissements par exemple... Au final, le seul critère objectif d’évaluation c’est l’ancienneté !

L’évaluation des enseignants... un outil au service de l’amélioration du système éducatif ? 03/10/2001

Les enseignants sont inspectés environ une fois tous les 3 ans dans le primaire et tous les 4 à 5 ans dans les collèges et les lycées, à chaque fois sur une séquence pédagogique. Le rythme des inspections varie selon les circonscriptions, et selon le temps disponible de l’inspecteur. Ce sont souvent les enseignants qui demandent à être inspectés pour faire progresser leur carrière.

Entre évaluation et notation, plan de carrière et compétences : comment les enseignants évoluent-ils dans le métier ?

Dans l’enseignement secondaire, l’évaluation officielle des enseignants repose sur deux notes : l’une " pédagogique " (sur 60 points), donnée par l’inspecteur, l’autre " administrative " (sur 40 points), attribuée chaque année par le chef d’établissement sur des critères d’assiduité, de ponctualité, d’autorité et de rayonnement. Dans les faits, avec une double péréquation de la note finale (sur 100 points), au niveau académique puis au niveau national, la note de l’enseignant a finalement peu d’incidence sur son avancement - sauf en cas de faute grave -. Si bien que la promotion des enseignants repose essentiellement sur l’ancienneté ! Pour les enseignants du premier degré, l’inspecteur de l’Education nationale, supérieur hiérarchique des enseignants, fournit une seule note cumulant critères pédagogiques et administratifs.

Evaluation sommative contre évaluation formative : évalue-t-on pour former ou pour sanctionner ?

Ce débat réapparaît dés lors qu’il est question d’évaluation dans l’Education nationale. L’évaluation sommative, largement majoritaire, se limite à l’aspect quantitatif, au simple constat de résultat et concourt à la décision de promouvoir ou non l’enseignant, alors que l’évaluation formative a pour finalité le conseil et l’évolution des méthodes pédagogiques de l’enseignant. Dans la réalité, la rareté et la brièveté des inspections limitent les possibilités d’évaluation formative et les enseignants, à l’exception des débutants avides de recommandations, retirent souvent peu de bénéfices des visites des inspecteurs. Le système actuel d’évaluation des enseignants répond à une logique de notation difficilement conciliable d’une part avec la définition de leurs besoins en formation et, d’autre part, avec l’objectif d’amélioration du système pédagogique et éducatif dans son ensemble. À l’heure où tous les acteurs de l’éducation s’accordent sur la nécessité d’améliorer la formation continue pour les enseignants, il devient indispensable, comme le souligne le rapport Monteil " d’introduire une culture plus formative dans les pratiques d’évaluation, notamment en faisant de l’évaluation un des facteurs contributifs des plans de formation ".

La notation des professeurs débutants

En février 2001, Jack Lang a repris une proposition du rapport Monteil (1999) " Propositions pour une nouvelle approche de l’évaluation des enseignants " concernant la notation des professeurs débutants. Ainsi pour prendre en compte " le caractère référent du début de carrière (qui) réclame toutes les attentions ", les professeurs débutants ne seront évalués qu’au terme de leur deuxième année d’enseignement comme titulaires. Parallèlement, un enseignant " référent " est chargé d’accompagner et de soutenir l’enseignant débutant à l’intérieur même de son établissement d’exercice. Cette approche nouvelle de l’évaluation des jeunes enseignants devrait aussi contribuer à mieux cerner leurs besoins en formation.

Les enseignants et l’évaluation : qu’en pensent-ils ?

En général, les professeurs sont plutôt demandeurs d’inspection et apprécient le dialogue et les conseils prodigués au cours de l’entretien personnel qui suit la visite des inspecteurs. En effet, isolés dans la pratique de leur métier, ils ont besoin de référent et de miroir, rôle qu’ils attribuent à l’inspection. Certains enseignants souhaitent aussi être inspectés dans une perspective d’avancement. Cependant, la plupart reconnaissent les limites de l’inspection telle qu’elle est pratiquée actuellement. Ils souhaiteraient des inspections plus régulières, plus formatives et plus qualifiantes. Jacky Simon, Médiateur de l’Education nationale précise qu’il reçoit peu de contestations d’enseignants à propos d’inspections. Cela peut néanmoins arriver au moment de titularisations refusées. La plupart des remarques portent sur le manque de retour après les inspections.

En dehors de l’Education nationale, comment les salariés sont-ils évalués ?

À l’inverse des enseignants, en France, les salariés des grandes entreprises sont évaluées en fonction de la réalisation de leurs objectifs individuels et/ou par équipes. Traditionnellement, l’entretien d’évaluation annuel réunit le salarié et son supérieur hiérarchique. À l’aide d’un formulaire spécifique, ils font le point sur la réalisation des objectifs précédents, fixent les objectifs à atteindre pour l’année à venir. Cet entretien est aussi l’occasion de définir les besoins en formation au regard des objectifs fixés ou de ceux non atteints de l’année écoulée, ainsi que d’évoquer parfois les souhaits d’évolution du salarié. Ainsi, l’avancement du salarié est-il lié essentiellement à ses résultats individuels. En cas de litige avec son supérieur hiérarchique, le salarié peut recourir à l’arbitrage de la Direction des Ressources humaines, qui est dépositaire du document d’évaluation annuelle, voire au supérieur de son responsable hiérarchique.

Inadapté, dépassé... le système d’évaluation des enseignants est largement critiqué. Les uns dénoncent le manque de connaissance du contexte, le rapport hiérarchique souvent infantilisant pour l’enseignant, l’aspect normatif de l’inspection qui ne prend pas en compte l’innovation pédagogique, le contexte socioculturel...

Que font nos voisins européens et pour quels résultats ? 03/10/2001

À chaque pays sa tradition

Dans chaque pays d’Europe, les pratiques en matière d’évaluation des systèmes éducatifs sont fortement liées aux traditions administratives, éducatives et culturelles ainsi qu’au rôle de l’état. En effet, selon le degré de centralisation de l’administration du système scolaire, l’évaluation peut être confiée soit à un organisme dépendant du ministère de l’éducation, soit à des organismes privés, soit encore aux établissements scolaires eux-mêmes par le biais de l’auto-évaluation. Par ailleurs, la définition même d’évaluation recouvre des réalités différentes d’un pays à l’autre : évaluation quantitative (statistiques, indicateurs de moyens...), évaluation qualitative (liée à l’analyse des compétences), évaluation des établissements et des enseignants, des acquis des élèves,... Les objectifs d’évaluation varient enfin en fonction du contexte de concurrence plus au moins fort imposé aux établissements.

Et les enseignants...

Selon le rapport mondial sur l’éducation de 1998, l’évaluation des enseignants est une question problématique dans la plupart des pays : s’agit-il de juger les enseignants pour permettre le fonctionnement du système éducatif (et notamment le recrutement, l’avancement, la sélection du personnel...) ou s’agit-il de faire progresser la science pédagogique ? De plus, peu d’informations circulent sur les méthodes utilisées dans les différents pays d’Europe pour estimer l’efficacité des enseignants. Il semble finalement que les méthodes d’évaluation de l’efficacité des enseignants restent à améliorer partout.

Comment évalue-t-on d’un pays à l’autre ?

Dans de nombreux pays le système dévaluation est centralisé au niveau des ministères, mais ceux-ci sous-traitent à des agences nationales ne disposant pas toujours des moyens nécessaires (Scandinavie et Europe du Sud), ou commandent des études ponctuelles à des instituts ou à des structures universitaires (Autriche, Allemagne ou Grèce). D’autres comme l’Irlande, la Belgique ou l’Ecosse, disposent d’un service d’inspection central gérant les activités d’évaluation, en collaboration avec des instituts ou des universités. Dans des pays moins centralisateurs, comme les Pays-Bas, les communautés locales assument souvent directement les questions de performance des établissements et d’évaluation des enseignants.

L’Angleterre et le Danemark, deux systèmes d’évaluation pour deux conceptions différentes de l’éducation

Depuis 1999, au Danemark, l’évaluation du système éducatif est confiée à l’Institut danois d’évaluation. Cet organisme est chargé par le Parlement d’effectuer une évaluation systématique et obligatoire de l’enseignement et de l’apprentissage à tous les niveaux du système éducatif, de la maternelle aux études universitaires. Cette initiative, unique en son genre au niveau international, est axée sur l’amélioration des résultats des apprentissages et la performance du système éducatif dans son ensemble. En Angleterre, l’inspection du système éducatif dépend de l’Office for Standards in Education - OFSTED, un organisme sous tutelle du ministère de l’éducation et de l’emploi, chargé de définir, sous-traiter et contrôler l’inspection des établissements. Cette dernière est confiée à des équipes d’inspecteurs indépendants associant des experts en éducation et des professionnels issus d’autres secteurs. Ce système particulier repose sur une stratégie de mise en concurrence : les parents choisissent librement les établissements en se basant en partie sur les résultats d’inspection et les établissements font monter le niveau afin de les attirer.

Conclusion

En Europe, l’éducation et l’évaluation du système éducatif restent le plus souvent de la responsabilité directe des pouvoirs et des services publics. Cependant, on voit apparaître de plus en plus, dans le secteur éducatif privé, mais aussi au sein du système éducatif public, des principes d’évaluation issus de l’économie marchande, notamment dans la gestion des ressources humaines. Avec un système éducatif majoritairement privé et très concurrentiel, l’Angleterre privilégie ce type d’évaluation qui certes, favorise l’émulation entre les établissements mais augmente aussi la vulnérabilité des enseignants et la précarité de leur statut. europa.eu.int/comm/education/index_en.html www.ei-ie.org/pub/french/fpbmon5-4.htm

Quels sont les acteurs de l’évaluation ? 03/10/2001

Les inspecteurs sont les principaux acteurs de l’évaluation des enseignants. Le premier degré compte environ un inspecteur pour 350 enseignants. Dans le second degré, un inspecteur a la charge de 400 enseignants dans le meilleur des cas - ce chiffre variant selon les disciplines.

Les IEN (inspecteurs de l’Education nationale)

Les IEN peuvent intervenir dans différents domaines : enseignement du premier degré, information et orientation, enseignements technique et général (pour certaines catégories d’enseignants en collège). Les IEN du premier degré sont généralement chargés d’une circonscription de l’enseignement primaire ; ils inspectent et notent les enseignants, organisent les actions en formation continue et les journées pédagogiques, assurent un travail administratif important, et donnent leur avis sur la nomination et l’avancement des enseignants. Les IEN-ET (inspecteurs de l’Education Nationale - enseignement technique) inspectent les enseignants des classes professionnelles des établissements secondaires (CAP, BEP et BAC professionnels). Ils interviennent par discipline : économie et gestion, sciences et techniques industrielles, sciences biologiques et sciences sociales appliquées.

Comment devient-on IEN ?

Tous les IEN sont recrutés sur concours parmi les enseignants, personnels d’orientation ou de direction ayant au moins 5 ans d’ancienneté. Les candidats doivent avoir une licence ou un diplôme équivalent. Le concours d’IEN est ouvert par spécialités. Les candidats sélectionnés sur dossier de motivation passent une épreuve orale d’admission.

Les IPR (inspecteurs pédagogiques régionaux)

Rattachés à une Académie, les IPR travaillent au sein d’une équipe d’inspecteurs sous l’autorité du recteur. Conseillers du recteur pour les questions relatives à leur discipline, ils contribuent aussi à l’analyse et à l’amélioration du fonctionnement du système éducatif à l’échelle de l’Académie et participent à l’organisation des examens et concours. Dans les établissements d’enseignement général du second degré et les lycées généraux et techniques (LGT), ils exercent des missions d’inspection, d’évaluation, d’accompagnement, d’animation des enseignants, avec une attention particulière pour les personnels débutants. Il est intéressant de noter que les professeurs agrégés ne sont plus inspectés, mais " visités "

Comment devient-on IPR ?

Le recrutement des IPR est fondé en partie sur leur parcours professionnel. Les candidats retenus à partir de leur dossier de candidature passent une épreuve orale d’admission devant un jury. À la rentrée suivante, les lauréats sont affectés à une Académie comme stagiaires et suivent parallèlement une formation au centre de formation nationale des personnels d’encadrement à Poitiers. À l’issue de cette formation, après avis favorable du recteur d’Académie, ils sont titularisés.

Les conseillers pédagogiques

Les conseillers pédagogiques de circonscription ont pour mission d’assister tous les enseignants du premier degré et notamment les jeunes enseignants. Encadrés par l’inspecteur de l’Education nationale, ils interviennent dans différentes disciplines (général, éducation physique et sportive, éducation musicale, arts plastiques), tant au niveau de la circonscription (animation et information pédagogique), qu’auprès des écoles et des maîtres en répondant à toute demande d’aide ou de conseil. Leur regard extérieur, doit encourager les enseignants à développer une réflexion sur leur pratique.

Comment devient-on conseiller pédagogique en premier degré ?

Enseignants maîtres formateurs, titulaires du CAFIPEMF (certificat d’aptitude aux fonctions d’instituteur et de professeur des écoles maître formateur), ils partagent leur temps entre l’enseignement (3/4 du temps) et leur fonction de conseiller. Dans le secondaire, les conseillers pédagogiques accompagnent les enseignants stagiaires encore en formation. Ils peuvent intervenir à deux niveaux, soit en accueillant dans leur classe des étudiants en stage d’observation, soit comme professeurs tuteurs auprès des stagiaires responsables d’une classe (6 heures par semaine). Le rôle des conseillers pédagogiques consiste à guider les futurs enseignants dans la conduite de leur classe ou de leur discipline et à mener avec eux une réflexion sur leur métier.

Comment devient-on conseiller pédagogique dans le second degré ?

Les enseignants volontaires sont recrutés par des IPR, pour des missions temporaires, ils continuent d’enseigner parallèlement. Ils sont formés au cours de stages ponctuels et de réunions d’information.

Les chefs d’établissement

Les principaux de collèges et les proviseurs de lycées sont chargés de l’évaluation administrative des enseignants. La plupart des chefs d’établissement estiment que cette note est purement formelle. Mais il n’est pas rare qu’un inspecteur consulte, avant une inspection, le chef d’établissement à propos du professeur inspecté, ce qui peut influer sur la notation finale de l’inspecteur. Aujourd’hui le syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale, le SNPDEN, souhaite la mise en place d’une évaluation des enseignants réalisée en collaboration étroite entre les chefs d’établissement et les IPR sur la base d’appréciations croisées.

Les personnels de direction ont eux-mêmes été soumis à la notation pendant longtemps. Aujourd’hui abandonné, ce système devrait être remplacé par une nouvelle procédure d’évaluation, instaurée par un décret à paraître au mois d’octobre 2001. Selon Marcel Jacquemart, Secrétaire Général du SNDPEN, qui a participé à la rédaction du projet, cette procédure se veut " transparente, contradictoire et discriminante ". Elle prévoit un déroulement de l’évaluation en deux temps. Dans un premier temps, les personnels de direction (chefs d’établissement et adjoints) réalisent un diagnostic de leur établissement. Dans un deuxième temps, le recteur rédige une lettre de mission à partir du diagnostic. Cette lettre de mission servira de base à l’évaluation des personnels de direction dans les années suivantes. Pour Marcel Jacquemart, " l’évaluation est une procédure nouvelle pour l’Education nationale, porteuse d’un esprit nouveau, et malgré les changements et les inquiétudes qu’elle engendre, nous ne pouvons en faire l’impasse, au risque de retomber dans la notation traditionnelle ". Par ailleurs, les inspecteurs généraux de la vie scolaire inspectent un certain nombre de chefs d’établissement chaque année, en particulier au moment des demandes de mutation et produisent un rapport sur l’établissement et son directeur.

Et dans le " privé ?"

La plupart des établissements d’enseignement privé sont sous contrat avec l’état, ce qui implique d’une part, que les enseignants et les chefs d’établissement sont habilités par l’Education nationale et d’autre part, qu’ils sont inspectés par des inspecteurs de l’Education nationale ou des inspecteurs pédagogiques régionaux au même titre que leurs homologues du public. Cependant, si le système d’évaluation des personnels est similaire à celui du public, le recrutement diffère. En effet, les administrateurs choisissent eux-mêmes les chefs d’établissement en fonction de leurs propres critères. Ceux-ci recrutent ensuite et dirigent les enseignants et le personnel administratif ; ils ont donc un poids important dans le choix et la gestion de leur personnel. La barrière du recrutement constitue un obstacle à franchir pour tous les personnels des écoles privées, qui s’ajoute à leur notation et à leur évaluation institutionnelle.

Témoignage d’un conseiller pédagogique en secondaire accueillant des stagiaires dans sa classe

"J’essaie d’abord de mettre les jeunes stagiaires en confiance, de les conforter dans leur décision d’être professeur. C’est surtout lors des discussions qui suivent le cours que je pense pouvoir leur être utile en essayant de répondre à leurs questions. Je crois que mon rôle, à la fois important et limité, consiste à leur montrer en pratique la réalité quotidienne de leur futur métier."

Le système hiérarchique pyramidal de l’Education nationale ne laisse pas assez de place à la constitution de réseaux d’acteurs de l’éducation. Les enseignants doivent faire face à des situations complexes, dans des contextes spécifiques. L’inspecteur devrait avoir pour mission de mettre en valeur des solutions locales (projets d’établissement, fonctionnement des cycles, conseils professoraux éducatifs...). En favorisant un fonctionnement "collégial", ce qui responsabiliserait les enseignants, l’inspecteur retrouverait un rôle de médiateur, d’animateur de réseaux pédagogiques, et pourrait évaluer des compétences et plus globalement le fonctionnement des équipes pédagogiques de sa circonscription. On pourra utilement lire l’ouvrage d’Hervé Serieyx “Face à la complexité, mettez du réseau dans vos pyramides” - Edition du Village mondial, 1996.

 

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