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3 avril 2007

Conseil Supérieur de l’Education | Déclaration du SNUipp

Lundi 2 avril

Conseil Supérieur de l’Education | Déclaration du SNUipp

Le SNUipp a toujours été ouvert à toute discussion sur les contenus de l’école. Ceux-ci doivent être régulièrement débattus et redéfinis, compte tenu de l’évolution des connaissances, de la complexité des mécanismes d’apprentissage et des attentes de la société. A la suite du processus qui avait abouti à l’adoption par le CSE des programmes de 2002, le SNUipp avait demandé un dispositif de suivi de la mise en application des nouveaux programmes, pour examiner réussites et obstacles rencontrés. Cette démarche de concertation et de suivi a été abandonnée. Elle figure toujours sur le site du ministère : la page « parcours d’un programme » du site Eduscol précise toujours :

« Les programmes sont le résultat d’un long processus d’élaboration, ponctué de phases d’écriture, de discussion et de concertation ». « Cette consultation … (des enseignants) permet notamment, de recueillir l’avis des enseignants sur les futurs programmes, d’évaluer leurs besoins en termes de documents ou d’actions d’accompagnement …. ».

Le Ministre et ses collaborateurs ignorent délibérément le contenu du site et persistent à utiliser une méthode autoritaire, où le CSE n’est consulté que pour intégrer le contenu de circulaires prises sans aucune concertation des personnels ou de l’ensemble des formateurs et universitaires.

L’évolution des programmes de l’école est une chose sérieuse : elle guide l’évolution des démarches pédagogiques, les équilibres et les décisions prises par les enseignants dans le quotidien de la classe, elle sert de support aux actions de formation de continue. Pour favoriser la réussite des élèves, ces évolutions doivent s’appuyer sur l’évolution des connaissances, des avancées pédagogiques, de l’expérience des enseignants. Elle ne peut s’appuyer sur les lubies du moment : imposer l’apprentissage de 365 mots ou 500 et pourquoi pas 400 ou 1 000 ? Le 19 mars, le ministère a présenté des modifications peu significatives aux programmes de 2002. Quatre jours après, lors de la « commission école » préparatoire au Conseil Supérieur de l’Education (2 avril), les organisations ont découvert en séance un texte profondément remanié, largement aggravé. Elles ont demandé et obtenu un report de cette réunion. Le SNUipp juge inacceptable cette méthode : contrairement à 2002, les enseignants des écoles n’ont pas été impliqués dans le processus de modification des programmes. Il n’y a d’ailleurs eu aucune évaluation des programmes de 2002. Ainsi, le Ministre montre son mépris des personnels, du travail réalisé dans les classes, du point de vue des formateurs et des chercheurs. Il confirme sa conception du dialogue social : aucune concertation avec les représentants du personnel, modifications importantes au dernier moment, travail dans l’urgence. L’examen des modifications proposées par le ministère laisse apparaître des orientations pédagogiques en contradiction avec l’esprit des programmes de 2002 :
- Alors que dans le préambule sont rappelées les références à la loi de 1923, 1970... celles de la loi d’orientation de 1989 ont été supprimées. Cette suppression va de pair avec l’affaiblissement de la notion de cycle : comme c’est le cas pour le cycle 2 : les objectifs sont concentrés sur la classe de CP et non plus sur l’ensemble du cycle.
- La maîtrise du « code alphabétique doit faire l’objet d’un apprentissage systématique dès le début du CP ». Les orientations propres du Ministre sont ainsi réintroduites à savoir privilégier le déchiffrage. A nouveau une phrase est introduite sur la lecture.
- Des séances de 20 à 30 mn sont désormais consacrées à l’étude de la langue, au moins 15 mn de calcul mental par jour sont imposées dans la grille horaire pour tous les élèves. Les programmes prévoient des fourchettes horaires et le choix doit être laissé aux enseignants pour l’organisation des temps d’apprentissage.
- Dans la partie vocabulaire, l’apparition du vocable « leçon de mots » traduit une conception cumulative des apprentissages.
- Les modifications concernant les opérations vont dans le même sens : on privilégie les techniques à la compréhension (ex : la maîtrise de la soustraction posée est exigible pour tous les élèves dès la fin du cycle 2, comme la multiplication des produits par 2 ou par 5. Sur plusieurs points, elles introduisent des conceptions passéistes des apprentissages, en contradiction avec les exigences actuelles d’une pédagogie et d’une école pour tous les élèves.

Avant son départ, le Ministre cherche en fait à confirmer dans les programmes, les circulaires déjà parues. Il adapte les programmes au socle de la loi Fillon que nous continuons de contester.

La mise en place à la rentrée 2007 d’un livret de compétences dont on ne connaît pas le contenu, correspond étroitement au contenu du socle. Il ne permettra pas d’améliorer les relations entre les parents et l’école. La mise en place d’un palier au niveau du CM2 risque d’aller à l’encontre de la continuité entre école et collège.

Modifier les programmes de l’école élémentaire est trop important pour procéder à la va vite, à l’intégration de quelques lubies ministérielles.

Ces modifications sont d’autant plus intolérables qu’elles s’effectueraient à quelques semaines de choix électoraux importants sur l’école : Il se trouve peu de programmes qui confirment le bien fondé de l’apprentissage à 14 ans ou d’une conception du métier d’ enseignant qui se borne à appliquer des circulaires.

C’est pourquoi le SNUipp s’adressera au nouveau gouvernement et au nouveau Ministre de l’Education Nationale pour que les modifications issues des circulaires De Robien soient retirées. Le SNUipp souhaite que la référence reste celle des programmes de 2002 et qu’un comité de suivi des programmes de l’école primaire et de ses évolutions soit mis en place.

Paris, le 03 avril 2007

 

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